Slamine, de son vrai nom Myrna Beya Chirigiri, est une slameuse, directrice artistique et voix off originaire de Goma, aujourd’hui active entre Goma et Bukavu. Son nom d’artiste, né d’un surnom donné par son public, est une promesse : « Slam » et « Min » (rare), pour un slam rare, unique, tant dans l’écriture que dans l’interprétation. C’est en 2020 que Slamine embrasse pleinement le slam, après un passage par le théâtre. Très vite, elle se distingue par sa recherche d’identité : refusant de copier les codes établis, elle impose une présence scénique lyrique, jouant avec les émotions pour ne ressembler à personne d’autre. « Il faut que quand je suis sur scène, on dise que c’est Slamine », affirme-t-elle. Son parcours est marqué par des rencontres décisives : au collectif Sénacle des Mots à Goma, elle apprend l’écriture auprès de figures comme papa Zola ; puis à Goma Slam Sessions, elle affine sa performance scénique aux côtés d’artistes comme Esther Abumba ou Francky D. En 2024, elle cofonde le collectif Kivu Slam, où elle assure la direction artistique. Slamine explore des thèmes profonds et engagés : la paix, l’introspection, l’amitié, l’amour, mais aussi l’environnement et la résilience. Ses textes, souvent inspirés de faits réels – violences, déplacements, drames personnels –, ont eu un impact concret : plusieurs enfants rencontrés dans des camps de déplacés ont été pris en charge grâce à ses slams. Elle refuse la victimisation et invite son public à agir, à écrire, à se libérer. « On n’est pas obligé de rester victime. On peut créer une cohésion. » Aujourd’hui installée à Bukavu pour ses études, elle continue d’irriguer la scène locale (Mashujaa Art, Ndaro, Semaine Vibrante) sans jamais renier Goma, sa ville-source. Entre les deux rives du Kivu, Slamine incarne une plume rare, exigeante et profondément humaine.






